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Très classiquement, le
grand requin blanc est un poisson qui peut atteindre jusqu'à 9 mètres de long.
A la différence des requins précédents, microphages, le Carcharodon
carcharias est un véritable carnassier, souvent dangereux pour l'homme. Pour
s'en convaincre, il suffit d'examiner ses fameuses dents triangulaires à bords
crénelés ! Elles sont intéressantes à plus d'un titre : à en juger d'après
certaines dents retrouvées dans les abysses, il devrait y avoir des requins
blancs bien plus longs que les quelque 9 m évoqués plus haut.

Steven Spielberg, pour son film Jaws (Les dents de la mer), a
choisi une taille plutôt modeste pour son requin géant :
il aurait pu fabriquer
un "monstre" de 20 mètres, tout en restant dans les limites du raisonnable.

Au miocène, nous le savons, vivait le Carcharodon megalodon, un requin
super-géant carnassier, dont la taille a été parfois évaluée à 25 mètres... Une
fameuse colline californienne, appelée Sharktooth Hill, a fourni de nombreuses
dents de cette créature.

Qu'en est-il aujourd'hui ?
-> en 1848,
le navire océanique Challenger pêcha des dents de grand blanc longues de 20 cm.
Le calcul scientifique de datation révéla que ces dents étaient actuelles ...
-> en 1918,
les pêcheurs à la langouste de Port Stevens, en Australie, refusèrent de sortir
en mer pendant plusieurs semaines, terrorisés par un requin blanc long de 35 m.
Tous ces pêcheurs restèrent chez eux durant plusieurs semaines perdant ainsi une
grande quantité d'argent. Tous avaient vu le monstre ...
-> en 1954, le navire Rachel Cohen heurte de nuit un écueil dans l'Océan Indien.
Le lendemain, il fait cale sèche à Adélaïde ; l'hélice était tordue et le port
d'hélice était faussé.
Autour, un gigantesque cercle de deux mètres de diamètre, décrit par
l'implantation de ... dents de requin blanc toujours, longue de 20 cm. D'après
des experts, ces dents ne pouvaient provenir que d'un grand blanc d'au moins 24
m de long ...
->
en 1980, un requin blanc de 27 m de long fut observé par plusieurs personnes au
large de la côte du Queensland, en Australie, et un autre fut observé au large
du Cap, en Afrique du Sud ...

Pierre Clostermann, que l'on
connaît bien en tant qu'as de l'aviation, mais qui est aussi un grand adepte de
la pêche sportive -- il occupe aujourd'hui le siège de l'IGFA (International
Game Fishing Association) -- croit bien sûr à l'existence de ces monstrueux
prédateurs.
A condition de disposer du matériel de traction nécessaire, Pierre Clostermann
pense qu'il est possible de remonter une créature géante des grands fonds (et
pas seulement un requin). Il a même sélectionné les zones de pêche : la fosse
des Açores, celle de Setubal au Portugal et celle de Cabo Blanco au large des
côtes péruviennes. Dans leur livre, Eric Joly et Pierre Affre relatent aussi
l'épisode du fameux super-blanc qui a hanté en 1918 les parages de Port
Stephens, sur la côte australienne. Les pêcheurs qui avaient vu le monstre lui
donnaient entre 35 et 40 mètres de long ! A la différence des "petits" requins
blancs qui ne le sont en fait que pour la partie ventrale, ce géant aurait été
vraiment tout blanc. Un tel monstre ne pèserait pas loin de 200 tonnes !
Souvenons-nous en effet qu'une baleine bleue de 33 m a un poids d'environ 130
tonne (soit l'équivalent d'une vingtaine d'éléphants).

On se pose bien entendu la question de savoir où vivent ces énormes prédateurs
(sans doute autour de 500 m de profondeur), et surtout de quoi vivent-ils
? En tout cas, les "monstres" marins n'habitent pas dans les grands fonds, car
les poissons et autres animaux qui évoluent à cette profondeur, autour des 4000
m, ne dépassent guère le mètre de long. Comme la faune abyssale ne saurait
nourrir que très difficilement de gigantesques créatures, celles-ci évoluent
donc plutôt dans les couches moins profondes, là où les proies de bonne taille
abondent.
Les "monstres" se retrouveraient d'ailleurs un peu entre eux : requins géants et
super-géants, anguilliformes de taille démesurée, calmars gigantesques (Architeuthis),
cachalots, sans oublier ces grands inconnus que sont les
Serpents-de-Mer de nature
mammalienne, dont l'un d'eux vient de faire son entrée quasi officielle dans la
science (LeBlond et Bousfield 1994).
Après le Megamouth
et le Carcharodon megalodon, venons-en à l'étude des requins à silhouette
serpentiforme. Dans un premier temps, on pensera bien sûr au requin frangé ou à
collerettes (Chlamydoselachus anguineus) qui, comme son nom latin
spécifique l'indique, ressemble plus à une anguille de belle taille (un peu
moins de 2 m) qu'à un squale.

Comme l'indiquait déjà le zoologiste Theodore Gill, un représentant géant des
chlamydoselachidae ferait un très bon monstre marin de type "Serpent-de-Mer".
Bernard Heuvelmans (1965) renchérit en précisant que l'on a parfois capturé de
grands sélaciens inconnus, tel celui du Hanna, d'après le nom du capitaine du
bateau, pêché en 1880 au large du Maine : 7,50 m de long pour 25 cm de diamètre
dans sa partie la plus épaisse.
En fait, ce qui fait penser à un requin était plutôt sa peau, aisément
reconnaissable pour tous les gens de mer (consistance : "papier de verre"), et
sans doute aussi les fentes branchiales. Mais la nageoire dorsale au-dessus des
pectorales était pour le moins incongrue, sans parler de la nageoire péricaudale
qui enveloppait toute la queue, comme chez les anguilliformes (et dans une
moindre mesure, chez le requin frangé).
Mais, soit le capitaine Hanna avait fait un très mauvais dessin (ce qui serait
quand même étonnant) et il s'agissait peut-être bien d'un Chlamydoselachus
géant, soit c'était un autre squale serpentiforme tout à fait inconnu.
D'ailleurs Bernard Heuvelmans relate aussi l'épisode du mystérieux poisson
capturé par le bateau de pêche Crescent City, en 1896, au large de la
Floride. De la forme d'une anguille, mais avec une tête de requin, il mesurait
dans les 15 m de long.
Cela nous amène tout droit au fameux "Jaune", répertorié par Heuvelmans, à forme
de têtard surdimensionné : apparemment aussi un squale à longue queue effilée,
d'une vingtaine de mètres de long, mais peut-être finalement assez proche du
très banal requin-baleine (Rhyncodon typus), microphage pacifique mis en
vedette au cinéma par le commandant Cousteau, et relativement fréquent dans
toutes les mers chaudes du globe ...
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